Gang de losers
05 07 2008Le député libéral fédéral Garth Turner a insulté beaucoup de québécois en traitant les souverainistes de « hostiles, avares, machos, égoïstes et de losers qui prônent la balkanisation de pays ». Il a tord, les souverainistes sont trop gentils, trop généreux, pas du tout machos (leur chef est une femme) et magnanimes. Par contre, ce sont les plus grands losers depuis la défaite de Montcalm sur les plaines d’Abraham. Je le sais, j’en suis un.
Il faut le dire une fois pour toutes, la stratégie du Parti québécois depuis sa création est une faillite totale. Cette stratégie consiste à prendre le pouvoir pour ensuite proposer un référendum sur l’indépendance. C’est une approche gentille, généreuse pour les non-souverainistes et très démocratique. Il y en a eu deux en 15 ans et ils ont été perdus. Selon toute vraisemblance il n’y en aura pas un troisième avant longtemps. Souhaitons qu’il n’y en ait plus jamais. Pourquoi perpétuer une stratégie perdante? Le PQ a toujours été tiraillé entre deux désirs, celui de prendre le pouvoir pour faire des changements et orienter l’avenir du Québec le plus vite possible et celui de faire l’indépendance. Malheureusement ce sont deux souhaits antinomiques. En prenant le pouvoir le parti se donne les moyens de faire des changements sans qu’il soit nécessaire de faire l’indépendance. Certains changements plaisent, d’autres moins. Comme tous les partis au pouvoir, après la lune de miel de cent jours, la popularité du gouvernement décline. C’est à ce moment-là qu’il met en branle le référendum. Quel bon timing! Pour contrer cet effet boomerang, le parti a mis en place la stratégie des conditions gagnantes. Le vice premier de cette approche c’est que nous n’avons aucun pouvoir sur leur émergence, car elles doivent venir de l’extérieur. Le parti espère que des événements extraordinaires vont mettre en cause notre avenir et nous amener à voter oui. Le problème de cette approche naïve, c’est qu’il y a au fédéral de fins stratèges comme Stephen Harper qui proclament que les québécois forment une nation avant même que le parti québécois accède au pouvoir lors des prochaines élections. D’ailleurs, toutes les stratégies fédérales semblent fonctionner. Alors que Harper est aux petits soins avec nous, Trudeau était durs et baveux. Ça n’a pas empêché le non de gagner à 60% en 1980. En 1995, le oui a obtenu 49,4% des votes. Les souverainistes ont crié au vol. Je ne sais pas si le référendum a été volé, mais si c’est le cas, il faudrait remercier les voleurs. Car si le référendum avait été gagné avec une faible majorité, nous aurions vécu pire que les 5 ans de difficultés prédits par Pauline Marois elle-même. Nous aurions été humiliés. Il fait savoir faire la différence entre légalité et légitimité. Aucun pays, même pas la France qui aurait sorti les plus beaux mots de ses dictionnaires pour faire plaisir à tout le monde, n’aurait appuyé une déclaration d’indépendance unilatérale contre la volonté du Canada si le pourcentage en faveur de l’indépendance avait été de 50,4% avec le genre de question qui a été posé. Nous nous serions engagés dans un couloir de négociations sans fin au bout duquel la majorité des québécois épuisés auraient bien été capables d’élire un gouvernement libéral pour réintégrer le Québec dans la confédération canadienne dans l’honneur et la bonne humeur. Le désir d’indépendance des québécois ne semble pas assez profond pour permettre de créer la vague de fond nécessaire pour réaliser un changement politique aussi radical. Nous ne souffrons pas assez de notre statut de peuple minoritaire au sein du Canada dont nous sommes bien conscient que c’est un des meilleurs pays au monde. J’ai l’impression que nous sommes déjà très satisfaits qu’un parti indépendantiste ait pu accéder au pouvoir à plusieurs reprises et fait d’énormes changements qui ont transfiguré le Québec depuis 40 ans.
Je crois que le Parti québécois doit revoir complètement sa stratégie, abandonner son désir de prendre le pouvoir à tout prix et promouvoir avec force l’indépendance du Québec. Un vote pour le Parti québécois devrait être un vote pour l’indépendance. Cette approche du vote référendaire a toujours été rejetée par le parti parce qu’elle rend l’accès au pouvoir très difficile puisque l’appui à l’indépendance dépasse rarement 40%. Mais si un jour cela se produit, ce gouvernement aura toute la légitimité pour réaliser l’indépendance, car les enjeux auront été clairs et sans ambigüité. Un référendum pourrait ensuite avoir lieu pour accepter le projet de constitution comme cela s’est fait dans plusieurs pays. Aux prochaines élections il y aura trois partis indépendantistes en lice, le PQ, le Parti indépendantiste et Québec solidaire. Le vote souverainiste sera divisé. Le Pati québécois doit changer s’il veut garder son leadership. Ou il est indépendantiste et agit comme tel ou il aspire au pouvoir et fait la promotion d’un Québec fort dans un Canada uni comme il le fait maintenant en mettant de côté sa stratégie référendaire. Je suis certain que les électeurs apprécieraient beaucoup plus de clarté et énormément moins de stratégie foireuse. Merci.
Publié par : jacqueso à 10:59:15Permalien
Comments : Ajouter un commentaire
Catégories :


